Littérature
Journal dʼHirondelle
Auteur(s) :
Amélie Nothomb
Pays : Belgique
Sortie version originale : 23 Août 2006
Type : Roman
Genre : Crime|Romance
Résumé: Si Amélie Nothomb a beaucoup de détracteurs, elle a aussi beaucoup d’admirateurs. À chaque nouveau livre de la Belge fantasque, ses supporters savent bien qu’il va se passer quelque chose, que le livre qu’ils vont dévorer est l’œuvre d’Amélie Nothomb et d’elle seule. Journal d’Hirondelle, bref récit de moins de 138 pages, n’échappe pas à la règle : on lit les premières lignes, on y reconnaît la patte et l’étrangeté du maître, on ne lâche plus le livre… Tout commence par un épouvantable chagrin d’amour, un chagrin tellement cataclysmique qu’il est capable de rendre insensible le narrateur du roman. L’impact de ce chagrin sur le cours de ses jours ? Urbain devient tueur à gages, machine à tuer capable de s’affranchir sans sourciller des contrats qu’on lui propose, sans éprouver quoi que ce soit d’humain, à part le plaisir onaniste de se « finir » après chaque coup tiré sur ses victimes... Un jour, Urbain se voit confier la tâche d’assassiner un ministre et sa famille et de ramener la serviette de l’homme politique. Par une curiosité malsaine qui excède le champ de ses compétences, le tueur fouille dans la serviette et découvre le journal de la fille du ministre… Et là, tout change de nouveau et la question de l’amour et du sexe se pose différemment. On vous avait prévenus, un roman 100% Amélie.Extrait du livre : Tout a débuté il y a huit mois. Je venais de vivre un chagrin d'amour si bête qu'il vaut mieux ne pas en parler. À ma souffrance s'ajoutait la honte de ma souffrance. Pour m'interdire une telle douleur, je m'arrachai le coeur. L'opération fut facile mais peu efficace. Le siège de la peine restait, qui logeait partout, sous et sur ma peau, dans mes yeux, mes oreilles. Mes sens étaient mes ennemis qui ne cessaient de me rappeler cette stupide histoire. Je décidai alors de tuer mes sensations. Il me suffit de trouver le commutateur intérieur et de basculer dans le monde du ni-chaud-ni-froid. Ce fut un suicide sensoriel, le commencement d'une nouvelle existence. Dès lors, je n'eus plus mal. Je n'eus plus rien. La chape de plomb qui bloquait ma respiration disparut. Le reste aussi, j'habitais une sorte de néant. Passé le soulagement, je me mis à m'ennuyer ferme. Je songeai à rebasculer le commutateur intérieur et m'aperçus que ce n'était pas possible. Je m'en inquiétai. Les musiques qui m'émouvaient auparavant ne provoquaient plus rien en moi, même les sensations de base, comme manger, boire, prendre un bain, me laissaient de marbre. J'étais châtré de partout La disparition des sentiments ne me pesa pas. La voix de ma mère, au téléphone, n'était plus qu'un embêtement évoquant une fuite d'eau. Je cessai de m'inquiéter pour elle. C'était plutôt bien. Pour le reste, ça ne m'allait pas. La vie était devenue la mort.
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